Sommaire : N°993 - 12/08
- TV : les annonceurs en mal de repèresVendredi 05 décembre 2008
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Pour la seconde année consécutive, l’AACC et le Club des directeurs artistiques ont organisé le Concours des Jeunes Créatifs. Parmi tous les dossiers reçus, 20 teams ont été sélectionnés pour présenter leurs prints aux membres du jury qui a réuni ce matin : Bruno David, président et fondateur de Communication Sans frontières ; Christian de Boisredon, coprésident et fondateur de Reporters d'Espoirs ; Patrick Bursquet, Dg de Reporters d'Espoirs ; Christopher Mc Mullen, directeur artistique de Getty Images ; Virginie Caillé-Bastide, ex directeur de création McCann ; Philippe Foliard, directeur de création de Lowe Strateus ; et Olivier Moulierac, co-directeur de création d'Euro Rscg C&O. Le consensus entre les membres du jury ne s’est pas fait attendre, ils ont mis moins d’une heure et demie pour se mettre d’accord sur le palmarès. Les jurés se sont quand même rendus, hier en milieu de journée, dans la salle de travail des jeunes créatifs pour donner leurs avis, les guider, voire les rerouter. "Ce n’est pas un sujet humanitaire classique, il faut comprendre le sujet, éviter les contresens" explique Christian de Boisredon. Pour Bruno David, nouvellement arrivé entant que directeur associé de TBWACorporate, "la production créative présentée a dépassé les attentes du jury".
Le débat fut plus qu’animé cet après-midi dans la nef du Palais de Tokyo. Sur le thème « Déontologie et dialogue : l’éthique au service de la publicité, l’exemple de la cosmétique », Alain Grangé-Cabane (Pdt de le Fédération des industries de la parfumerie), Monique Wahlen (directrice générale en charge des stratégies et des contenus Draft-FCB) et Jean-Pierre Teyssier (Pdt du BVP) ont largement discouru sur la question. Quelques phrases sont sorties du lot : - A propos de l’auto-régulation du secteur, entre créativité et rêve versus recommandations du BVP : Alain Grangé-Cabane : "Les consommateurs sont prêts à gober n’importe quel bobard mais cela dépend d’où ça vient et que cela comble leur désir de sécurité [des produits, NDRL]". Monique Wahlen : "Quelle était la question ? Evidemment cela entraine des contraintes. Economiques, puisque l’exercice devient plus difficile et que les créatifs travaillent plus, cela induit notamment des coûts horaires plus importants. Par ailleurs, ce n’est pas facile pour un créatif de voir son idée retoquée. Mais l’exercice intellectuel en devient beaucoup plus intéressant, de même pour les campagnes qui en sortent". - A propos des réglementations publicitaires concernant le secteur de l’hygiène-beauté : Jean-Pierre Teyssier : "Le secteur de la cosmétique est celui qui possède la législation la plus légère en matière de publicité. Les consommateurs demandent qu’on leur prouve la véracité des allégations des produits, ils demandent aussi beaucoup plus d’information et de sécurité ». Monique Wahlen : "Les consommateurs sont plus matures que l’on ne croit. Ils ne sont pas prêts à avaler n’importe quoi, tout le monde aime se laisser séduire !". - A propos de la publicité réalisée par le secteur : Jean-Pierre Teyssier : "On nous demande des conseils avant la diffusion de certains spots, et 50% d’entres eux sont modifiés après cet entretien. Mais la publicité émanant du secteur hygiène-beauté a été très respectueuse en 2007, vu que sur 900 plaintes l’année dernière aucune ne portait sur les cosmétiques".
Sur le thème houleux de : "La société de l’après Grenelle, responsabilité des acteurs socio-économiques dans l’accompagnement du changement", Nathalie Koscuisko-Morizet (ministre de l’écologie et du développement durable), Yves Leers (directeur de la communication de l’ADEME), Gérard Noël (Pdt de l’UDA), Serge Orru (Dg de WWF), Pierre Siquier (Pdt de Ligaris, Pdt de la commission développement durable de l’AACC) et Olivier Blin (directeur de la communication de Coca-Cola Entreprise) se sont rencontrés cet après-midi dans l’une des Alcôves du Palais de Tokyo. Certaines déclarations ont marqué le public : A propos de l’après Grenelle : Nathalie Koscuisko-Morizet : "Les mondes de la communication et de la publicité doivent s’engager plus en avant pour une publicité responsable. Il y a eu beaucoup de dérapages et de récupération de l’argument écologique dans les campagnes. On ne veut plus d’allégations environnement qui ne soient pas vraies. Il faut aller de l’auto-régulation à la co-régulation". Serge Orru : "Vous [les publicitaires, NDRL] n’êtes pas les seuls responsables ! Il faut transformer l’économie. Les mondes de la communication et de la publicité et celui de l’environnement ne sont pas si différents, nous avons tous besoin de créativité, vous pour défendre vos produits, nous pour défendre de nouveaux modes de vies. Nous ne condamnons pas la publicité, même si on a pu vous faire des croches-pattes voire même des tacles par derrière. Nous devons avancer". A propos de la responsabilité des entreprises : Olivier Blin : "La communication ne peut être responsables que si les entreprises le sont elles-mêmes. Les industriels font des progrès chaque année, notamment au niveau du recyclage du plastique. Je peux annoncer aujourd’hui que Coca-Cola va désormais utiliser des plastiques et des résines recyclées pour la fabrication de ses bouteilles". Yves Leers : "Nous lançons des campagnes pour sensibiliser le grand public, mais que font les agences de communication à l’interne ? Nous avons beaucoup parlé d’elles, mais il n’y aurait pas de pub sans les entreprises et les annonceurs qui ne sont pas reste !" Pierre Siquier : "Avec l’AACC nous projetons de lancer un auto-diagnostique [bilan carbone, NDRL] des agences de communication d’ici deux ans". A propos de l’auto-régulation : Nathalie Koscuisko-Morizet : "Et pourquoi une classification des agences de publicité en fonction de leur impact sur l’environnement ? Cela peut devenir une compétence particulière des agences, et peut-être même la clé de la compétitivité des agences de demain !" Gérard Noël : "La clé de la réussite n’est pas d’imposer quoique cela soit aux entreprise, aux agences et aux médias, mais de faire appel à leur responsabilité. [Et à l’adresse de Serge Orru] Nous avons besoin de vous dans notre conseil paritaire pour nous aider à faire cela".
Le premier débat houleux de cette Semaine de la Publicité édition 2008 aura été apporté par la conférence « Contrefaçons – Contrevaleur » de ce matin. Si les cinq intervenants avancent les arguments irréfutables sur l’effet dévastateur de ce fléau touchant 10% du marché mondiale du commerce (fin de la diversité culturelle, dangerosité pour la santé et la sécurité, exploitation de la main d’œuvre…) c’est l’intervention de Benoit Héry, président de Draft FCB, qui créera le remous. Bon communiquant ou bon provocateur (voire les deux), le publicitaire se risque à mettre en relief le rôle ambigu que la contrefaçon peut jouer sur l’image des marques qu’elles copient et notamment sur la gloire que peut tirer un produit du fait d’être copié. Un speech sans langue de bois sur cet effet de communication parfois utile et la visibilité démultipliée des marques qui composent bon gré mal gré avec cette contrefaçon faisant négativement, pour toutes les raisons étayées plus haut, mais intrinsèquement partie du dispositif Quelques explications et justifications d’idées plus loin Marc-Antoine Jamet, président de l’Union des fabricants et secrétaire général du groupe LVMH, ruminant, gribouillant depuis déjà 15 minutes à l’écoute du discours, en appelle au crash industriel de Moulinex, aux organisations mafieuses et criminelles à l’origine des trafics, etc. Un vrai discours sérieux qui nous a fait plisser le front (donc creuser les rides) et pousser de quasi-inaudibles onomatopées pendant une heure. Seul relâchement facial, l’annonce que les chances de se faire rouler en achetant une bouteille de piquettes copiées seront bientôt nulles, les bouteilles de vin pouvant se protéger de la copie aux moyens de techniques de sécurité utilisées sur les billets de banque. Ouf… JV
Grosse audience de bon matin dans la nef du Palais de Tokyo pour la conférence sur « La valeur des idées, les idées qui changent le marché et la société ». Intervenants : Nicolas Bordas (TBWAFrance), Anne-Marie Gautier (Bouygues Telecom), Jean-Baptiste Danet (Interbrand), Alain Weil (BFM, RMC, la Tribune). Dans la salle, à part un clone de Steevy qui fait rien qu’à copier sur son voisin, le public (constitué en large partie d’étudiants) est hyper attentif. Normal : passé les premiers moments un peu théoriques et néanmoins nécessaires consacrés à poser les bases de la discussion, le débat qui s’installe devient passionnant et jalonné de formules qui claquent. Pour ouvrir la Semaine de la pub, on ne pouvait imaginer discussion plus ambitieuse. Echantillons.
Les idées, à quoi ça sert ? Nicolas Bordas : « Comment les idées peuvent accélérer le changement des entreprises, quelle que soit leur taille, leur donner une plus grande part de futur. » « L’univers du commerce et de la société se rejoignent. Des idées à forte valeur sociétale ajoutée naissent de cette confrontation. » Alain Weil : « Une idée c’est ce qui coûte le moins cher à produire et qui a le plus de valeur. » « Je reprends les médias dont personne ne veut. On les redresse avec des idées. »
Les idées, comment on peut les trouver ? Alain Weil : « Les bonnes idées des autres, c’est quelque chose qu’on cultive assez généreusement. »
Les idées, comment on les soutient ? Anne Marie Gaultier : « Il faut avoir de la conviction. Tout le monde aura une bonne raison de trouver votre idée con. » Alain Weil : « Se lancer dans la presse quotidienne aujourd’hui peut paraître inconscient. On ne peut pas exclure la disparition du papier, mais ce n’est pas le pari qu’on fait aujourd’hui. Demain, ce sera le produit de luxe de la chaîne de l’info. » « Si on m’avait présenté le dossier de la vente de café par correspondance (Nespresso), je n’y aurais jamais cru ! »
Les idées, comment on les rémunère ? Nicolas Bordas « On travaille tous sur une autre façon de rémunérer les agences, d’associer l’agence au succès des ventes. »
EG