Sommaire : N°993 - 12/08
- TV : les annonceurs en mal de repèresVendredi 05 décembre 2008
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Je suis français né d'un père métis, franco-ivoirien et d'une mère française. Sans me voir comme une victime du racisme, même si je l'ai approché d'un peu plus près que la plupart des personnes considérées comme blanches, je suis tout de même très sensible à ce sujet, et à tout ce qui concerne la vision portée sur l'Afrique et toutes les cultures noires. En particulier je suis très amateur de culture afro-américaine.
Je trouve le spot de radio Nova un peu maladroit et déplacé. Mais je sais ce qu'est Radio Nova et à quel point cette radio a toujours oeuvré pour la promotion des musiques africaines, afro-américaines et de toutes les musiques métisses d'une manière générale. Je ne leur tiens pas rigueur de cette erreur et j'apprécie qu'ils aient eu l'élégance de retirer le spot, dès qu'ils se sont aperçu qu'il pouvait choquer. Que mal compris, il blesse, il remue le couteau dans des plaies qui ne sont toujours pas cicatrisées.
Le sujet s'annonçait polémique, il n'a pas manqué de provoquer de vives réactions, issues pour l'essentiel de lecteurs choqués par le film "Blues" de Nova (retiré depuis du site de la radio). Au sein du journal lui-même, les avis sont divergents. Tout d'abord, nous prions ceux qui se sont dit choqués par notre prise de position de nous excuser si nos propos les ont offensés. Ce n'était évidemment pas notre intention : il s'agissait de défendre le droit au débat, comme cela paraît clairement exprimé. Nous souhaitons poursuivre cet objectif en mettant en ligne les messages - souvent fleuves - qui nous sont parvenus, et en invitant ceux qui le souhaitent à nourrir ces échanges. Pour notre part, nous souhaitons également apporter une précision, constatant que les réflexions s'échauffent autour des souffrances indicibles provoquées par l'esclavage. Mais le film renvoie aussi, nous semble t-il, à la barbarie et l’ignominie que les blancs n’auront jamais fini de purger, la honte qui subsiste au delà du remord. Qui mérite l’opprobre ? Le bourreau, pas la victime. Faudrait-il le taire ?
Apportez un commentaire à ce texte ou envoyez, si vous les désirer, votre analyse à la rédaction de CB News qui se chargera de la mettre en ligne (tanguy.leclerc@cbnews.fr).
A vrai dire, je ne sais pas réellement par où commencer. Avant d'expliquer pourquoi moi, jeune femme noire, je me sens particulièrement choquée par cette création, il me semble judicieux de vous dire pourquoi j'ai été choqué par votre traitement de "l'affaire".
D'une part, parce que j'ai trouvé que le sujet avait été pris avec un peu de légèreté. Vous avez exposé la création, le retrait de cette dernière par Nova, mais en aucun cas, essayé de poser face à face des arguments pour ou contre la diffusion d'un tel spot. Votre collègue (dont je ne connais pas le nom), s'est contentée de parler de l'agence Young & Rubicam d'une part, et d'activistes, excités de l'autre : Premier affront!
La semaine dernière, je n’ai pas eu le plaisir de venir travailler à « CB ». Si cela avait été le cas, j’aurais lu le billet d'humeur d'Emmanuelle Grossir regrettant le retrait du film pub de Nova, le Blues. Ce spot montre un Noir fouetté dont le cri de douleur se transforme en chant, avec la signature : « Une chose est sûre, ce sont bel et bien les Blancs qui sont à l’origine du blues. » Je dois être une « grande sensible » parce que ce film m’a choquée et mise en colère. Dans cette entreprise où je suis régulièrement payée pour éditer des papiers un de mes « particularismes » est d’avoir eu un grand-père dont le père était né esclave. Je n’ai pas le temps ni l’envie d'exercer une « pression culpabilisante ». Je souhaite juste répondre avec humeur à un billet d'humeur.